Il est très clair pour moi que je présente un profil TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) ; dans mon cas, il n’y a pas vraiment de déficit de l’attention. Bien que je n’aie pas fait poser de diagnostic officiel par un psychiatre, j’estime avoir près de 90 % des symptômes liés à cette pathologie. Ma vision des choses face à ce constat est assez tranchée : je suis profondément convaincu que l’explosion fulgurante du nombre de cas de TDAH est intimement liée à notre mode de vie moderne.
Je fais très souvent le parallèle avec l’obésité. Génétiquement, certains individus sont naturellement plus ou moins prédisposés à prendre du poids. Cependant, avec une hygiène de vie aussi déséquilibrée et une alimentation devenue si dénaturée, même les personnes très peu prédisposées finissent par grossir, tant la nourriture actuelle est inadaptée à nos besoins humains. Le surpoids est presque devenu la norme, touchant massivement les plus jeunes. Pour le TDAH, c’est exactement la même mécanique ! Ce ne sont pas nos gènes qui ont muté en cinquante ans. Si les diagnostics explosent et que nous sommes si nombreux à nous reconnaître dans ces troubles, c’est tout simplement parce que notre quotidien est devenu complètement déséquilibré.
Qu’est-ce que le TDAH et quels sont ses véritables symptômes ?
Avant d’aller plus loin dans ma réflexion, il est important de définir brièvement ce qu’est le TDAH. Il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental qui affecte la capacité d’une personne à moduler son attention, à gérer son impulsivité et, parfois, à contrôler son niveau d’activité physique ou mentale. Pour y voir plus clair, voici une liste détaillée des symptômes et comportements caractéristiques du TDAH :
- 🚧 Difficulté à commencer et maintenir une tâche exigeante : une lenteur à démarrer, une attention qui décroche après un certain temps, et une forte tendance à regarder ailleurs ou à prendre son téléphone.
- 🌪️ Dispersion et attirance pour la nouveauté : le fait de lancer de nombreux projets en même temps, de se passionner intensément au départ, puis d’abandonner dès que la routine ou l’ennui s’installent.
- 🏁 Difficulté à terminer ce qui est commencé : cela se traduit par une forte excitation initiale et une productivité rapide, suivies d’une perte d’intérêt totale et d’une incapacité physique ou mentale à s’y remettre.
- 🎯 Mauvaise priorisation : la tendance à faire ce qui est stimulant plutôt que ce qui est important (par exemple, passer des heures à peaufiner un petit détail visuel au lieu de livrer une tâche essentielle et urgente).
- 🔍 Hyperfocus mal orienté : rester absorbé pendant des heures par un sujet précis ou un détail, y compris lorsque cela ne correspond pas du tout à la priorité du moment.
- ⏳ Myopie temporelle : sous-estimer systématiquement les délais, travailler à la dernière minute, fonctionner sur le mode « aujourd’hui ou jamais » et se retrouver régulièrement dans un état d’urgence.
- 🧠 Oublis fréquents : des messages laissés sans réponse, des rendez-vous manqués, des partenariats oubliés, ou encore des systèmes et tâches récurrentes abandonnés en cours de route.
- ⚡ Impulsivité : agir immédiatement sur une idée, prendre davantage de risques et prendre des décisions précipitées.
- 💸 Impulsivité financière : des dépenses excessives, une prévision insuffisante, et de grandes difficultés à séparer ou gérer sainement les finances personnelles et professionnelles.
- 🤝 Difficulté à déléguer : un perfectionnisme exacerbé, une frustration face au rythme de travail des autres, ce qui pousse souvent à reprendre le travail délégué ou à s’en désengager complètement.
- 🌧️ Sensibilité émotionnelle aux retours négatifs : les critiques, une baisse de chiffre d’affaires ou une chute des vues peuvent affecter très fortement l’humeur et entraîner des décisions prises de manière impulsive, « à chaud ».
- 🎢 Intolérance à l’ennui et besoin d’intensité : une recherche constante de nouveauté, d’urgence et d’excitation pour se sentir stimulé.
💡 Il est également important de noter que d’autres traits sont fréquemment liés au TDAH, même s’ils ne constituent pas des critères diagnostiques officiels. On y retrouve souvent une grande créativité, un goût prononcé pour la prise de risque, une capacité impressionnante d’hyperfocus sur des sujets passionnants, ainsi qu’un rejet fréquent du salariat classique ou des cadres trop rigides.
L’hyperconnexion et le piège du “fast-food” de contenus
Aujourd’hui, nous avons à notre disposition des outils redoutables qui agissent comme de véritables déclencheurs pour notre cerveau. Les écrans, et particulièrement les contenus diffusés, stimulent notre esprit à outrance. Prenez une plateforme comme Netflix : ce catalogue infini de films et de séries stimule en permanence des zones de notre cerveau qui nous incitent à consommer toujours plus.
Cet été, j’ai moi-même été pris dans ce tourbillon. J’ai passé beaucoup de temps à regarder des vidéos sur YouTube, au moins une heure par jour, voire bien plus. Mon profil TDAH a cette fâcheuse tendance à me pousser à vouloir constamment “optimiser” mon temps. Me poser dehors, au soleil, à ne rien faire ? C’est vraiment un effort important pour moi. En revanche, être au soleil tout en regardant des vidéos instructives, là, mon cerveau valide l’activité ! J’ai donc enchaîné des sujets très variés :
- 💻 Le “vibe coding” (utiliser l’IA pour programmer).
- ✨ Actualité de l’IA.
- 📈 Entreprenariat.
- ☀️ L’énergie solaire photovoltaïque.
- 💭 Les rêves lucides (prendre conscience qu’on rêve et diriger son rêve comme on le souhaite).
- 🎭 Des vidéos de mes humoristes préférés (ça fait du bien de se détendre un peu les neurones).
Avec le recul, j’ai compris que cette consommation frénétique n’était pas du tout équilibrante. Nous avons un besoin vital de moments de véritable détente. Des instants où nous ne faisons rien, n’écoutons rien, ne regardons rien, et où nous sommes simplement plongés dans nos propres pensées.
Notre cerveau n’est pas multitâche : le besoin vital de déconnecter
En consommant ces vidéos à la chaîne, chaque nouveau contenu stimule intensément mon esprit. Or, après chaque vidéo, il devrait logiquement y avoir un temps de pause pour emmagasiner les informations, les digérer, voir les liens que cela crée dans mon cerveau et analyser à quoi cela me fait penser.
Ma façon de consommer m’empêche totalement de faire ce travail consciemment. Résultat : mon cerveau traite toutes ces données au niveau inconscient, dès que je m’arrête un instant, ou pire, la nuit ! Je m’en suis rendu compte car mon sommeil s’est considérablement détérioré à mesure que je me gavais de cette espèce de “fast-food” de l’information. Notre cerveau n’est absolument pas câblé pour fonctionner comme ça. Le multitâche est un mythe, pour les hommes comme pour les femmes. Notre cerveau est conçu pour effectuer une tâche à la fois, et il a impérativement besoin de temps pour faire la transition vers une autre.
Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Quand vous regardez des vidéos courtes sur TikTok, vous recevez une avalanche de stimuli bien plus violente qu’en regardant un film de deux heures. Les visages, les sujets, les sons changent à une vitesse folle ! À l’inverse, lire un livre pendant une heure apporte beaucoup moins de stimuli sonores et visuels, sollicitant le cerveau de manière bien plus lente et apaisée. Au même titre que l’on ne peut pas mettre 100 kg de nourriture par jour dans notre estomac sous peine d’indigestion, on ne peut pas soumettre notre cerveau à des millions de stimuli sans provoquer une surchauffe mentale.
Hygiène de vie ou médicaments : mon choix très personnel
Qu’est-ce que cela m’apporte de savoir que j’ai un profil TDAH ? C’est avant tout une prise de conscience. C’est un signal d’alarme qui m’indique que mon mode de vie est inadapté.
Je fais une réelle distinction entre les personnes pour qui le TDAH est une pathologie lourde nécessitant une médication, et celles qui, comme moi, développent ces symptômes à cause de leur environnement. Je n’ai pas envie d’aller voir un psychiatre pour avoir un diagnostic, car cela ne changera rien à mon objectif. Les personnes qui prennent de la Ritaline (une amphétamine) expliquent souvent que leurs pensées, autrefois diffuses comme une lumière partant dans tous les sens, deviennent soudainement focalisées comme un rayon laser. C’est sûrement vital pour certains, mais mon but n’est pas de prendre un médicament pour pouvoir continuer à maltraiter mon cerveau. Je préfère adapter mon quotidien pour aller vers l’équilibre et faire disparaître ces symptômes naturellement.
Mon rapport étonnant au café
Pour illustrer l’importance de s’écouter, laissez-moi vous parler de mon rapport au café. Il agit presque comme un médicament sur moi, mais attention, à un moment très précis de la journée !
- ❌ Le matin, une véritable catastrophe : Si je bois un café le matin, comme le font la plupart des gens par automatisme pour se donner de l’énergie (alors que ça ne fait que puiser dans des réserves déjà faibles), cela ne me réussit pas du tout. Je me sens mal physiquement, j’ai des étourdissements, et j’ai la sensation très désagréable de forcer mon cerveau à adopter un rythme frénétique qui n’est pas le sien.
- ✅ À 14 heures, le coup de boost parfait : En revanche, mon rituel est bien rodé : je mange le matin, à midi, je fais une bonne sieste, et vers 14 heures, je prends un petit expresso. Là, je suis au top ! Mon cerveau tourne à 200 %, je me sens optimiste, créatif et capable d’accomplir un maximum de tâches sans aucun effet secondaire.
Je suis parfois affolé quand nous recevons des invités et que je vois certains consommer cinq, six, voire huit expressos par jour comme de véritables drogués ! Le café peut être une drogue ou un formidable outil, tout dépend de pourquoi et comment on l’utilise. J’ai d’ailleurs fait le test d’arrêter complètement le café pour voir si cela améliorait mon sommeil (déjà perturbé par des douleurs de dos). Résultat : aucun changement. Mon mauvais sommeil n’est pas dû à ce petit expresso, mais bien à la surchauffe accumulée par mon cerveau pendant la journée.
L’évolution de notre société : l’exemple frappant du cinéma
Si vous doutez encore de l’impact de notre mode de vie sur notre capacité d’attention, regardez l’industrie du divertissement. Ayant passé le cap des cinquante ans, j’ai pu observer toute cette évolution qu’un jeune de vingt ans n’a évidemment pas connue.
J’ai lu récemment un article expliquant que des plateformes comme Netflix ou Amazon Prime adaptent désormais l’écriture de leurs scénarios à un public dont le temps d’attention est en chute libre. Sachant que beaucoup de spectateurs sont sur leur smartphone tout en regardant une série, les scénaristes intègrent de petits résumés ou font répéter des informations clés par les personnages. Ainsi, le spectateur distrait ne perd pas le fil !
Aujourd’hui, tout va très vite. On passe d’une scène à l’autre à une vitesse phénoménale. Si vous proposez un film d’il y a quarante ou cinquante ans à un jeune, avec des scènes longues et posées, il s’ennuiera probablement au bout de trois minutes. Tout a changé, et nous devons impérativement en prendre conscience.
Trouver ses propres moments de pause pour raviver la créativité
Pour contrer cette surcharge, il est vital de s’octroyer des moments d’oisiveté. Dans notre société basée sur la performance, on se sent souvent coupable de ne rien faire (c’est mon cas). C’est compliqué, tellement nos vies sont remplies. Mais remettre les compteurs à zéro doit être fait tous les jours. C’est vital.
De mon côté, je ne fais pas “rien” à proprement parler. Voici mes techniques pour mettre mon cerveau sur pause :
- 🧘♂️ Yoga, renforcement musculaire et étirements : J’écoute une musique douce, sans paroles. Comme mes mouvements sont devenus automatiques, mon corps sait quoi faire. Mon cerveau n’a plus besoin d’y prêter attention, et c’est là que j’ai mes meilleures intuitions et idées d’articles !
- 🍳 La cuisine : Cuisiner pendant une heure est un excellent moyen de laisser libre cours à ses pensées.
- 🌱 Les tâches mécaniques : Arroser son jardin ou accomplir des tâches répétitives permet de libérer l’esprit.
- 🚶♂️ La marche : Idéalement dans la nature, sans aucune musique ni vidéo.
Aujourd’hui, nous luttons tous contre le vide. Dès qu’il y a une file d’attente ou un moment de battement chez le médecin, tout le monde sort son smartphone. Personne ne laisse ces moments de non-stimulation arriver. Pourtant, c’est précisément dans le silence et l’ennui apparent que naît la créativité, ce trait propre à notre espèce. La créativité n’apparaît jamais dans l’agitation continuelle.
Conclusion : reprendre le contrôle de son esprit pour un quotidien apaisé 🌿
En définitive, nous avons tous le pouvoir de modifier notre mode de vie pour soulager notre charge mentale. L’essentiel est de prendre conscience que notre cerveau n’est pas une machine inépuisable. Apprendre à se maîtriser face aux écrans, accepter l’ennui et s’octroyer de véritables pauses quotidiennes sont les clés pour retrouver un esprit clair, créatif et serein !
Pas de commentaire ; sois le 1er à en déposer un !